Plan Hôpital 2012 : une organisation centrée sur le patient

Les réformes du secteur santé vont centrer les processus sur le patient et son parcours de soin. C’est une refonte en profondeur des organisations qui se profile. Compte tenu des enjeux, les hôpitaux doivent réussir leur mutation.

La réforme nécessite de décloisonner les services et d'apprendre à travailler en synergie (JPEG) Voir notre site dédié au secteur santé

Face au déficit chronique du régime général de la sécurité sociale, la réduction des dépenses de santé est devenue un objectif prioritaire. Au nombre des mesures engagées par l’Etat, et non des moindres, figure le Plan Hôpital 2007 immédiatement suivi du Plan Hôpital 2012. Ces plans s’annoncent comme une mutation majeure qui doit permettre d’améliorer les conditions d’exercice des professionnels de santé et de répondre aux attentes de qualité d’accueil et de soin des malades, tout en maîtrisant les dépenses.
Ces réformes, qui entrent progressivement en vigueur, invitent les hôpitaux - publics et privés - à une véritable redéfinition de leur mode de fonctionnement. Toutes les grandes fonctions de l’hôpital sont concernées et les chantiers sont légion : mise en œuvre d’une démarche de pilotage de la performance (le financement de l’établissement en dépend), optimisation des ressources, transformation des processus métier, modernisation du système d’information pour permettre la mise en œuvre de mesures phares comme la tarification à l’activité [1] ou encore le dossier médical personnel, développement d’une nouvelle communication ville/hôpital, etc.

Chantiers complexes, ces Plans Hôpital 2007 entraînent avec eux une petite révolution : oubliée la gestion administrative des séjours, l’organisation de l’établissement doit désormais se centrer sur le patient et son parcours de soins. La réforme introduit ainsi un mode de fonctionnement transversal, par processus, dont la finalité est de fournir un soin de qualité et sécurisé au patient. Elle nécessite de décloisonner les services et d’apprendre à travailler en synergie, notamment au travers de pôles d’activités. Toutes ces mesures touchent au cœur le fonctionnement de l’hôpital et comportent une dimension humaine forte.

Des changements majeurs
Les transformations portent à la fois sur l’organisation de l’établissement, le nouveau rôle et les liens entre acteurs (dans et hors l’hôpital), les nouveaux outils informatiques qu’ils doivent s’approprier, les nouvelles procédures, les nouveaux circuits d’information, etc. Ce changement est d’autant plus complexe à gérer qu’il s’inscrit dans un contexte particulier : un manque de disponibilité des personnels du fait de leurs contraintes métier et d’effectifs restreints liés aux 35 heures, une faible pratique de l’informatique au niveau opérationnel et pourtant un bond technologique à réaliser en matière d’outils, une résistance au changement alimentée par la réticence à adopter de nouveaux modes de travail collaboratifs ou par un manque de visibilité sur les processus cibles.

L’enjeu est pourtant de taille pour les établissements. Avec une approche qui tend à homogénéiser la gestion du public et du privé, les établissements de santé pourraient se retrouver en situation quasi-concurrentielle. C’est l’image de l’hôpital qui en dépend, vis à vis de patients/clients qui demandent qualité et sécurité, mais aussi transparence, dans la délivrance des soins.

Des efforts importants de formation et d’information sur le terrain
Pour permettre aux opérationnels d’exercer leurs nouvelles responsabilités et assurer une meilleure coordination entre les services, les établissements vont devoir consentir des efforts importants d’information et de formation sur le terrain. L’appropriation du nouveau fonctionnement d’un établissement, qui représente un changement culturel majeur, va dépendre notamment de la capacité des dispositifs d’accompagnement à :

-  communiquer cette nouvelle vision transverse de l’hôpital, qui devra par ailleurs être commune à tous les acteurs de l’établissement ;

-  favoriser le partage d’un langage et d’un référentiel commun pour faciliter la synergie entre services et éviter tout problème de sémantique ;

-  décrire dans un langage clair, accessible à tous les personnels, les nouveaux processus mis en oeuvre, le rôle de chaque acteur, sa relation avec les autres acteurs et services, les activités à réaliser ;

-  proposer, en parallèle de formations traditionnelles en salle, des sessions en mode e-learning, adaptées aux contraintes de lieu et de temps de l’hôpital. Personnalisés selon le profil de l’apprenant, les parcours de formation pourront porter sur l’organisation de l’établissement et ses relations avec son éco-système, détailler le fonctionnement d’un service de soin, montrer l’articulation des processus avec le système d’information hospitalier, former aux procédures et moyens mis à disposition des personnels hospitaliers, etc.

-  mettre en place un dispositif de capitalisation de ces connaissances. Il permettra de faciliter l’appropriation de la structure par les nouveaux personnels, dans un contexte de mobilité géographique accrue des professionnels de santé et de besoins de recrutement chroniques.

Ainsi la réforme, qui va dans le sens d’une plus grande responsabilisation des personnels médicaux et hospitaliers, ne portera ses fruits que si l’établissement dans son ensemble s’approprie les changements.

note : La T2A modifie les modalités de financement et de gestion des établissements de santé en allouant des budgets en fonction de l’activité produite et non plus selon une dotation globale.

Avec son offre OnMap, Nomia aide les établissements de santé à mieux accompagner le changement auprès des personnels de santé. Pour en savoir plus, télécharger notre brochure.

PDF - 558.5 ko